Au centre de l’intersectionalité. L’interdépendance des droits de l'homme et la fonction des droits culturels

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2016
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Une violation d’un droit de l’homme se commet dans un milieu qui n’est pas neutre, et lorsqu’elle n’est pas sanctionnée, ses effet délétères perdurent avec de nombreuses conséquences perverses possibles. Lorsque plusieurs violations se cumulent, les effets directs et indirects sont d’autant plus graves qu’ils se renforcent mutuellement. Ils sont ainsi plus difficiles à cerner et à traiter. Mais lorsque s’y mêlent des discriminations, elles-mêmes mutliples de surcroît, nous sommes en face de nœuds indéchiffrables, à tel point qu’on pourrait les nommer des « trous noirs » dans le tissu social. Ce sont aussi des défis majeurs pour notre compréhension d’un ordre de droit fondé sur les droits de l'homme, et bien sûr pournos capacités de réponse et de prévention.

Notre hypothèse est que l’analyse des processus d’intersectionalité est essentielle pour déconstruire les situations d’extrême pauvreté et d’extrême violence et y apporter des mesures aptes à saisir cette complexité. Ce défi majeur implique que nous accordions une place épistémologique centrale aux principes d’indivisibilité et d’interdépendance dans l’interprétation de chaque droit de l’homme concerné comme dans sa mise en œuvre, à l’intersection avec les autres droits impliqués dans chaque situation. Ce défi ne peut être relevé que grâce à l’interaction d’acteurs porteurs de l’ensemble des savoirs et des domaines sociaux qui sont à même de concourir à l’intelligence et à l’effectivité pleine de ces droits..